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Michael Deibert et les voyous : la mise à nu de l'histoire récente et des institutions haïtiennes | Par Nelson Bellamy

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Au nom de la lutte contre la corruption duvaliériste, les lavalassiens ont fini corrompus. Au nom de la lutte contre la violence duvaliériste, les méthodes et pratiques de gouvernement ont fait dire à des observateurs avisés que le régime d’Aristide était le duvaliérisme sans Duvalier. Ou la période post-86 globalement. Avec les deux, notre pays a fait l’expérience du « fascisme du sous-développement » accompagné d’un « Himalaya de cadavres » et du populisme de la pauvreté extrême. Les revendications démocratiques si bien formulées dans la phraséologie et triptyque lavalassienne Justice-Transparence-Participation ont été transformées en une avalanche de déception pour les masses populaires et le pays en général. Entretemps, la souveraineté du pays s’est mise progressivement à effriter. Aujourd’hui, elle n’existe pas : les ambassades étrangères dictent la politique nationale. Parallèlement, la succession sans fin de gouvernements, indices de l’instabilité structurelle du régime...

Les marges du politique et misère de la citoyenneté en Haïti | Par Géraldo Saint-Armand

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Parmi les points que les penseurs travaillant sur la formation sociale haïtienne abordent, la problématique de la citoyenneté occupe une place assez restreinte, pour ne pas dire insignifiante. Pourtant, si l’on se consacre à l’article éclairant de Vertus Saint-Louis (2010), publié dans le texte collectif, dirigé par Laënnec Hurbon, L’insurrection des esclaves à Saint-Domingue (22-23 aout 1791) , l’on comprendra que, dès la genèse du mouvement révolutionnaire ayant donné lieu à l’indépendance, cette question a été déjà au cœur des enjeux politiques caractérisant la période fondatrice de la société haïtienne, allant de 1791 à 1803.   Au cœur de cette période, deux termes sont employés, en vue de désigner ceux-là qui se sont accédés à la liberté, au lendemain de la déclaration de liberté générale des esclaves, prononcée par Sonthonax, et les anciens libres : il y a « celui, autrefois noble, de cultivateur qui s’appliquait au colon planteur et celui, toujours péjoratif dans...

La prégnance de la prostitution en Haïti | Par Olson Rouzard

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Souvent désignée comme « le plus vieux métier du monde », la prostitution est loin d'être un phénomène récent. Prenant, à travers les siècles et les lieux, différentes formes et appellations (« Prostituée sacrée », « fille de joie », « courtisane », « intrigante », « escort-girl », « putain », « pute », etc.), tantôt empreintes de luxe tantôt de misérabilisme comme le souligne Anne-Françoise Dequiré (2017), elle « serait apparue il y a vingt-cinq siècles avant la naissance de la société moderne et le développement de la religion » (Ouvrard, 2000, cité dans Dequiré, 2017). Elle a été et reste encore aujourd'hui un sujet de débats aussi intéressant que sensible. De ce fait, elle a été à la base d'un certain nombre de réflexions dans le milieu des sciences sociales (Devroery, 2002 ; Fournier, 2004 ; Chimienti, 2008 ; Comte, 2010 ; Bartolone, 2013 ; Dequiré, 2017). En Europe, en France notamment, le débat autour de la prostitution est animé par l'opposition de deux courants...